Sciences de la Famille > Projet "Pair-aidance : santé mentale et précarités" :

Formation à la pair-aidance 2018, santé mentale et précarité:

Photo: Luc Van Huffel
Photo: Luc Van Huffel

Ce programme s’adresse à des personnes qui ont vécu l'expérience de la grande souffrance sociale et/ou psychique. Elles ont mobilisé des ressources et développé des compétences pour faire face. Elles s'en sont sorties suffisamment pour tirer un savoir de cette expérience de vie. Elles souhaitent faire une formation à la pair-aidance, afin de mettre leur expertise et leurs savoir-faire au profit d’autres personnes qui vivent des situations similaires.

 

 

Les savoirs issus de ces expériences ont souvent besoin d’être décryptés, remaniés et mutualisés avec prudence et discernement. Ils gagnent à s’appuyer sur une formation et des intervisions.

 

En Belgique francophone, la pair-aidance est une fonction innovante qui privilégie l’expertise du vécu, les liens sociaux, l’entraide, le soutien moral, la participation et la citoyenneté. Les savoir-faire des pairs-aidants se fondent sur leurs facultés compréhensives, la proximité de vécus qu’ils peuvent établir. Quand ils sont eux-mêmes engagés dans un processus de rétablissement psychique et/ou social, des usagers se sentent prêts à dévoiler une partie de leurs parcours, s’il est utile à d’autres, pour établir un lien, offrir écoute, soutien, accompagnement, espoir et fraternité. Les pairs-aidants ont leurs forces et leurs fragilités et, de surcroît, occupent souvent une place très délicate à l'interface des soignants et des patients. Aussi, il est essentiel qu’ils bénéficient de formations et de soutiens adaptés à leurs missions.

 

Photo: Emmanuel Nicolas
Photo: Emmanuel Nicolas

La philosophie du rétablissement est centrale dans la pair-aidance. L’accompagnement et l’entraide par les pairs peuvent soutenir le processus de rétablissement de personnes qui connaissent des expériences psychiques et/ou sociales douloureuses. Le soutien des pair-aidant peut permettre de tirer de son vécu des enseignements, de vivre le mieux possible avec ses vulnérabilités, de développer ses ressources et potentiels. La pair-aidance vise la qualité de la vie, la régulation des symptômes, l’établissement de liens d’interdépendance sécurisants avec les autres. Pour se rétablir, beaucoup d’usagers développent d’autres aspirations et projets de vie. Ils s’ouvrent aux ressources de leur environnement, ils s’investissent dans des projets qui ont du sens. Le processus de rétablissement fait évoluer les personnalités, les modes de vie et de pensées, mais aussi les relations sociales. Il y a là un parcours initiatique profondément singulier, que les pairs-aidants peuvent soutenir d’autant plus efficacement qu’ils l’ont eux-mêmes parcouru.

 

Les cadres d’intervention des pairs-aidants sont très diversifiés. Ils se consacrent aux respect des droits et de la citoyenneté des usagers, à la déstigmatisation, à la prévention, à l’aide psycho-sociale ... La pair-aidance peut s’exercer dans des lieux très diversifiés :

 

-   les groupes de parole et d’auto-support,

- les comités d’usagers, les projets participatifs et les lieux de citoyenneté,

- les lieux d’écoute et de prévention, pour déstigmatiser et partager les vécus d’expérience,

- l’intervention d’urgence pour gérer les états de crise, en collaboration avec les forces de l’ordre ou les services psychiatriques,

- la collaboration avec les Service de santé mentale et les services sociaux,

- l’intervention en hôpital (à l’entrée, pendant et à la sortie de l’hospitalisation),

- la coopération avec les équipes mobiles de soins, le soutien des pairs dans les structures d’accueil de la grande précarité et les centres d’accueil des réfugiés,

- Etc.

 

 

Photo: Luc Van Huffel
Photo: Luc Van Huffel

Les profils des pairs aidants sont également très différents. La pair-aidance est une forme d’engagement qui oscille entre la mobilisation (déstigmatisations, actions de citoyenneté, interpellations….), l’entraide et l’expérimentation (l’invention, dans la pratique, de nouvelles manières de prendre soin).

 

 Des pairs-aidants sont centrés sur l’aide et le soin. Ils accompagnent le processus de rétablissement d’autres usagers en milieux de vie, en collaboration avec des services ou des professionnels. Ils exercent dans les institutions et/ou à partir d’associations de pairs-aidants. D’autres tablent surtout sur l’entraide : ils participent à des groupes d’auto-supports, des fraternités, des habitats solidaires, des groupes de paroles ou les animent en collaboration avec d’autres pairs. D’autres encore s’investissent davantage dans des actions de citoyenneté et de respect des droits. Ils exercent des missions de pair-aidance dans des comités d’usagers, des projets participatifs, des actions culturelles, des associations de pairs-aidants….

 

Des pairs s’orientent davantage vers la lutte contre la précarité et l’exclusion. Ils soutiennent le rétablissement et l’auto-organisation de personnes marquées par la précarité, l’exil et les vécus extrêmes. Ils développent des compétences d’interculturalité et de soutien psycho-social. D’autres offrent surtout un accompagnement à des personnes en prise avec des vulnérabilités physiques.

 

La plupart des pairs-aidants travaillent au plus près de toutes ces problématiques. Plus ils exercent leurs savoir-faire en proximité plus ils développent des compétences pour gérer les dimensions émotionnelles des relations, analyser la place qu’on leur donne, tenir et clarifier cette place.  

 

Le présent projet prévoit trois types d’activités différents visant à développer la pair-aidance en Belgique francophone :

 

> 1. Des modules de formation participatifs (tables rondes, groupes de production de savoirs) à destination des professionnels issus des structures d’aide et de soins des secteurs de la santé mentale, de l’exil, des précarités, du monde judiciaire, etc.

 

> 2. Une formation à la pair-aidance à destination des participants admis à la session en cours (voir modalités d’inscription, ci-dessous),

 

> 3. Les intervisions, à destination des participants de la session de formation en cours inséré comme stagiaires ou développant un projet dans une structure et à destination des pairs-aidants formés les sessions précédentes (2016 et 2017).

 

Les activités, explicitées ci-dessous, sont reprises sous le code couleur dans le programme annuel (agenda 2018). Grâce aux différents subsides, les activités sont gratuites.

 

Personnes de contact :

 

Lolita SANDRON (0492 57 00 05, Lolita.Sandron@umons.ac.be) et

France Dujardin (0470 22 35 55, France.dujardin@reseauho.be)

Avec le soutien de l'Union européenne et du Fonds Social Européen.